Les contes de fées ne révèlent pas aux enfants
que les dragons existent.
Les enfants le savent déjà.
Les contes de fées révèlent aux enfants
qu'il est possible de tuer les dragons.
-G.K. Chesterton
Étant une enfant Disney, sevrée au sucre et à la poudre de fée, je n'ai été initiée que très tardivement au travail de Jacob et Wilheim Grimm. Deux frères qui, sillonnant la campagne allemande, ont patiemment transcrits les contes issus de la sagesse populaire dans un but essentiellement philologique: remonter au fondement de la pensée humaine en questionnant l'origine de ces histoires qui, si elles sont issues de cultures différentes, possèdent néanmoins une trame commune. Car sous leurs travers fantaisistes les contes parlent de l'expérience humaine ; ils enseignent quelque chose. Pour l'essentiel, il raconte un passage, forcément difficile et gêné de milles et unes embûches mais qui, bien souvent, s'accomplit heureusement en dépit de tout. Ils font état d'une nécessité, celle du passage de l'enfance à l'âge adulte. Selon une conception archaïque de ce passage dont le conte est fortement teinté, cette étape ne peut être que douloureuse, périlleuse et ne saura être surmonté sans une initiation préalable. C'est pourquoi l'enfant qui s'égare dans une forêt impénétrable, piégé par une vieille femme qui rêve de le rôtir doucement sur la braise, ne pourra se fier que sur ses capacités pour se tirer du pétrin. Nous avons donc un cadre angoissant, une histoire qui aborde la thématique du cannibalisme et une maison construite entièrement de friandises. Vous aurez compris que nous parlons de contes de fées aujourd'hui sur le blog. Il était une fois: Hansel et Gretel.